• Le Temps
    est

    aboli
    englouti
    détaché de la rive

    désormais

    les verbes
    se présentent
    au présent

    à l’unisson

  • Le crépuscule
    de toutes
    nos illusions

    ce lieu privilégié

    où nous sommes couronnés
    où nous sommes inspirés
    où nous sommes heureux

    dans notre dénuement
    dans notre déclassement
    notre décalage
    notre mise à distance

    alertes et libres

  • Des nœuds de neige

    l’immolation de soi
    et ses fulgurances

    comme le monde entier
    est une virtualité
    qui n’existe que dans
    les plis de l’Âme

    il nous reste à
    s’ouvrir grand
    très grand
    sur l’inattendu
    le surprenant
    le vif
    le rire

    et l’effroi

  • Tu peux poser
    un acte
    d’édification

    sculptural

    tu peux
    te dresser
    t’ériger

    la vieillesse
    balayée
    par la poussière
    et par le vent

    un buisson
    d’épines
    en feu

  • Je lis dans
    un petit cahier
    brodé de bleu:

    « quelque chose de neuf
    se déploie

    comme l’envie
    de prêter son regard
    à la beauté
    du cosmos

    de livrer sa peur
    au réconfort
    des forêts

    d’abandonner son corps
    au bleu nuit
    du ciel ».

    je subis
    l’épreuve
    du merveilleux

  • En colère
    sans cris

    dans les
    lumières pales
    de l’aurore

    et les
    tombées
    de nuit
    menacées
    par l’orage

    nectar
    d’une force
    inouïe

  • Ma consécration
    mon implication
    mon exigence
    ma foi
    mon ambition
    mon incertitude
    mon idéal
    mon absolu
    mon possible
    mon possible
    mon chant
    ma voix

    la voie actée

  • Pour une épure:

    être

    en nudité
    en dépouillement
    en solitude
    en silence
    en discrétion

    en nuage

    Pour une transparence:

    être

    en rayonnement
    en vibration
    en recueillement
    en célébration
    en ascension

    en orage